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Quelques Poèmes

Ego te absolvo



Je pourrais être mort,
Si je n'avais survécu,
Je pourrais être mort,
Mais je n'ai pas voulu.

Je pourrais être parti,
Dormant dans le matin blême,
Libéré de ma vie,
Allégé de mes peines.

C'était il y a vingt ans,
Quand je fus un petit môme,
Ce bambin haïssant,
Et son corps, et les hommes.

Hier, je fus ce marmot,
Au passé déchirant,
Qui gravait dans sa peau,
Ses aveux outrageants.

Dans des bras éphémères,
Au creux de nuits torrides,
Je charriais mes rivières,
En touchant au sordide.

Je croyais en Jamais,
J'y croirais pour Toujours,
Âme perdue, esseulée,
Mais où il est l'Amour ?


Révélation


On est ce que l'on naît,
On naît ce que l'on est,
Se battre contre soi-même
Est une bataille vaine
À l'issue incertaine.
Abandonnons nos peurs
Dans cette guerre sans vaincus
Ni vainqueurs.
Nous sommes en toute occasion
L'obstacle majeur
À nos aspirations.
Libérons-nous,
Ne soyons plus sans répit,
Notre propre Ennemi.
Étreignons le Bonheur,
Pour le pire et pour le meilleur,
Jusqu'à ce que l'Amour nous sépare.
On est ce que l'on naît,
On naît ce que l'on est.

Dors Petit Ange!


Dors, dors
Petit Ange!
Rêve à demain,
Tu as le temps encore
De pleurer, de sourire,
De crier, de grandir,
De créer, de vieillir,
D'aimer, de mourir.


Dors, dors
Petit Ange!
Tu as le temps
D'apprendre
Les sanglots et les rires,
Le meilleur ou le pire,
Les joies et les peines,
Les amours et les haines.


Dors, dors
Petit Ange,
Sur ta couche de satin,
Immaculé.
Dors, dors
Petit Ange,
Pour toi, je pleure cette vie.
Dors, dors
Petit Ange,
À tout jamais.
Dors, dors
Petit Ange,
Mort né.

Ruptures


Tu m'as abandonné
Dans le noir,
Un drap jeté,
Sur ta peau froide,
Tu m'as quitté
Dans le soir,
Un fin sourire
Étirant tes lèvres roides.
Tu es parti,
Comme un éclair,
Aux Cieux bénis,
Ou en Enfer.
Je reste seul,
Traînant mon Âme,
Comme un linceul,
Dans cette vallée de larmes.
Dans la Nuit,
À jamais se sont closes
Tes paupières,
Le visage enfoui
Dans un lit de roses
Trémières.
Tu t'es endormi,
Libéré de tes peines,
Quelques gouttelettes de Paradis,
Sinuant dans tes veines.
Ton esprit désincarné
S'est éteint
Et consumé
Dans les Ténèbres,
Un spectre gris,
Hantant mes jours,
Veillant mes nuits,
Pour toujours.
Tu m'as abandonné,
Être tourmenté,
Dans cette vallée de misère,
Tu m'as laissé,
Seul, à errer,
Sur cette Terre.

Litanies



J'ai la mémoire trop longue,
Jusqu'à l'immensité,
Je me débats avec les restes
De membres défunts.


J'ai la mémoire trop longue,
J'aimerais l'amputer,
Clôturer mes secrets
En d'obscurs recoins.


J'ai la mémoire trop longue,
Trop vaste, illimitée,
Mes échecs me poursuivent,
Je n'oublie jamais rien.


J'ai la mémoire trop longue,
Des souvenirs en pelletée,
Rongé d'insomnies,
Harcelé par mon passé assassin.


J'ai la mémoire trop longue,
Ni repos, répit ou paix,
Je voudrais pouvoir l'occire,
Et vivre un peu enfin.


J'ai la mémoire trop longue,
Trois gorgées de Léthé,
Étoufferaient Mnémosyne,
Et mon Spleen chagrin.

Emprise des sens



Dors!
Je veille pour deux,
Ne viens pas briser
Ce silence béni.
Parfois, ce qui est tu
Est plus intense
Que ce qu'on se dit.
Je vois ciller tes lèvres,
Ne parle pas,
J'ai compris.
Touche-moi seulement
De tes ongles luisants
Comme les vitraux
D'une cathédrale.
Peint sur ma peau
Tes émotions,
Grave dans ma chair
Tes sentiments,
Tatoue à l'encre transparente
De ta langue
D'indicibles fresques
Évanescentes.
Une nuit seulement,
Dans toute une vie,
Plongeons
Dans
L'oubli.
Scellons d'un baiser
Notre pacte
Sans lendemain,
L'aube se lève
Dans le noir,
Signant le crépuscule
De notre histoire.
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# Posté le mercredi 23 août 2006 12:30

Modifié le vendredi 25 août 2006 08:58

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